Méthodologie · transparence

Comment l'IA attribue la cote

ArtAI ne fixe pas de prix. Une IA évalue la partie qualitative de la cote à partir de signaux vérifiables — d'où le nom ART⁠·⁠AI.

1. Un indice, pas un prix

L'ArtScore (0–100) est un indice de crédibilité, de visibilité et de valeur potentielle, fondé sur sept familles de signaux vérifiables et une évaluation qualitative assistée par IA. Il s'applique aussi bien à un artiste (sur l'ensemble de son corpus) qu'à une œuvre individuelle — peinture, photo, sculpture, céramique, musique, vidéo, texte… Nous ne prétendons jamais fixer le prix de marché d'un artiste ni d'une œuvre.

2. Sept familles pondérées

L'ossature objective est calculée de façon déterministe selon des poids explicites :

PoidsFamilleSignaux
26 %Physiqueprésence — surface / volume / durée / longueur (10 %), qualité des matériaux (8 %), temps de réalisation (8 %)
22 %Marchéventes, enchères, NFT, éditions
15 %Reconnaissanceexpositions, prix, presse, musées
15 %Engagementscans QR, favoris, partages, contacts, achats
11 %Évaluation qualitativeavis humains qualifiés + évaluation IA
7 %Traçabilitéempreinte, stéganographie, C2PA, IPFS, NFT, certificat
4 %Raretétaille des éditions, production
ArtScore = Σ (sous‑score_famille × poids_famille)

Chaque sous‑score est normalisé 0–100 par saturation asymptotique. Grades : A+ ≥ 85, A ≥ 70, B ≥ 55, C ≥ 40, D ≥ 25, sinon E.

🎭 2ter. Toutes les disciplines, et ce que l'image représente

Une œuvre n'est pas forcément une image. Un artiste dépose une photo de son œuvre — sculpture, céramique, vêtement, bijou, mobilier, fresque — et certaines œuvres n'ont aucune forme visuelle : musique, littérature, performance. ArtAI distingue donc deux choses que l'on confond d'ordinaire :

  • La discipline — peinture, dessin, estampe, photographie, sculpture, céramique, verre, bijou, ébénisterie, mobilier, installation, street art, art textile, mode, art numérique, art génératif, vidéo, animation, musique, art sonore, performance, danse, littérature… Chaque discipline porte ses propres références de matériaux, d'étendue et de cote.
  • Le rôle du fichier déposé — ce que l'image est par rapport à l'œuvre.
RôleLe fichier…Ce qui fait foi
Œuvre originaleest l'œuvre (photographie, art numérique)l'empreinte de l'image
Constat photographiquemontre l'œuvre (sculpture, céramique, mode)l'objet physique — la photo n'en est que le constat
Représentation dérivéesymbolise l'œuvre (musique, texte, vidéo)l'empreinte du fichier source

Ce rôle est écrit sur le certificat, dans les identifiants de contenu C2PA et dans les métadonnées du NFT. Certifier la photo d'un bronze comme si elle était le bronze produirait un document techniquement scellé et matériellement faux : c'est précisément ce que ce modèle empêche.

Les œuvres sans image : une représentation dérivée, jamais inventée

Pour une œuvre immatérielle, ArtAI ne fabrique pas une pochette : il dérive un visuel de l'œuvre elle-même, de façon déterministe — l'onde acoustique du morceau, une planche-contact de la vidéo prélevée à des instants fixes, ou un sceau géométrique tissé depuis l'empreinte du texte. Chacun porte un cartouche : titre, artiste, discipline, étendue, et le SHA-256 du fichier source.

C'est ce qui le rend clairement défini : quiconque détient le même fichier régénère exactement le même visuel et peut le confronter au certificat. Une pochette générée par une IA serait plus jolie et ne prouverait rien — elle n'est admise que comme vue secondaire, explicitement étiquetée. Le fichier source ne quitte jamais nos serveurs : il est l'œuvre, seule son empreinte est publique.

🧱 2bis. La famille « Physique » (26 %)

La réalité matérielle de l'œuvre pèse le plus lourd. Trois sous‑signaux, chacun normalisé 0–100 puis combiné selon son poids global :

  • Présence — 10 %. Combien l'œuvre occupe, mesuré dans l'unité de sa discipline : surface (L×H) pour une œuvre plane, volume (L×H×P) pour un objet, durée pour une musique ou une vidéo, nombre de mots pour un texte. Les seuils de saturation sont propres à chaque discipline — une bague n'est pas jugée à l'aune d'un 25F, ni une fresque à l'aune d'une gravure.
  • Qualité des matériaux — 8 %. Déduite des matériaux/medium déclarés, selon le vocabulaire propre à la discipline : porcelaine, grès et raku pour la céramique ; or 18 carats, platine et vermeil pour le bijou ; soie, cachemire et lin pour la mode ; bronze, marbre et pierre pour la sculpture ; huile sur lin, acrylique et aquarelle pour la peinture. Un score materialQuality (0‑100) peut être déclaré explicitement.
  • Temps de réalisation — 8 %. Heures investies (creationHours), avec une saturation propre à la discipline : ~12 h pour une photographie, ~40 h pour une peinture, ~80 h pour une sculpture, ~300 h pour un roman.
  • Encadrement. Une œuvre encadrée (framed) et la nature du cadre (frameType : bois doré, caisse américaine, aluminium, sous-verre…) apportent un léger bonus de qualité matériaux et surtout une valeur monétaire concrète ajoutée au prix (voir §7). Le cadre ne concerne que les œuvres planes : ailleurs, la question n'est simplement pas posée.
score_physique = (présence×10 + matériaux×8 + temps×8) / 26

Aucun critère hors-sujet ne pénalise une œuvre. Un signal qui n'a pas de sens pour une discipline — les matériaux d'un morceau de musique — n'est pas noté 0 : son poids est redistribué sur les autres. Une musique n'a pas de matériaux, et ce n'est pas un défaut de la musique.

Ces mêmes signaux ajustent aussi la cote (voir §7) : à étendue égale, des matériaux nobles ou beaucoup plus de temps augmentent l'estimation.

3. Des avis pondérés par expertise

Toutes les étoiles ne se valent pas :

  • Visiteur ×1 · Collectionneur vérifié ×3 · Galeriste / critique / commissaire ×5 · Acheteur réel ×8

La qualité est décomposée en 7 critères notés 0–100 :

originalitémaîtrise techniquecohérence potentiel de marchéimpact émotionnelraretéreconnaissance institutionnelle

🤖 4. Où et comment l'IA attribue la cote

L'IA intervient lors d'un recalcul « frais » du score (?fresh=1, endpoint de refresh, ou premier calcul). Séquence :

1Sous‑scores objectifs — les six familles sont calculées et forment le dossier de l'artiste.
2Évaluation experte IA — le dossier est envoyé à notre ia avec les règles ArtAI. Il renvoie les 7 critères (0–100), une cote IA, un grade, une confiance et une justification (points forts / risques).
3Intégration — l'IA est injectée dans la famille « Évaluation qualitative » comme un critique expert fortement pondéré (×6, niveau commissaire). Elle compte aussi comme du feedback, ce qui résout le démarrage à froid : un artiste sans avis humain reçoit une cote argumentée.
4Transparence — l'évaluation IA est stockée et exposée par l'API (index.ai) et affichée à l'utilisateur.

Règles imposées à l'IA

  • Évaluer un potentiel, jamais un prix de vente.
  • Ne jamais surévaluer ; peu de données ⇒ confiance basse et notes prudentes (≈ 40–55).
  • Chaque note adossée aux signaux fournis ; réponse strictement en JSON.

Robustesse

Sans clé ou en cas d'échec (quota, réseau), l'IA est simplement désactivée : le moteur déterministe continue et la famille qualitative retombe sur les avis humains. Aucune rupture de service.

🔒 5. Confiance & vérification (tous les signaux)

Aucun signal n'est auto‑déclaré vérifié. La même couche s'applique au marché (ventes, enchères, NFT, éditions), à la reconnaissance (expos, prix, presse, musées) et aux avis qualifiés (collectionneur, galeriste, critique, commissaire, acheteur).

SignalTant que non vérifié
Marchéprix décoté ×0,35
Reconnaissancepoids de base, sans le ×1,5
Avis qualifiécompte comme un simple visiteur (×1)
1Soumission — statut « pending » ; le verified du client est ignoré.
2Validation — POST /api/signal/{kind}/{id}/verify, réservé à un humain ROLE_CURATOR ou à un jeton d'API scope signal:verify (galeries, institutions, marketplaces, presse).
3Preuve de la source — pour tout site présentant l'œuvre : liste blanche par catégorie (presse, marketplace, enchères, musée, galerie), joignabilité, présence du nom de l'artiste et crédibilité évaluée par l'IA. Un jeton ne peut pas forcer une source « reject ».
4Audit — verifiedBy, verifiedAt, verificationMethod, sourceCheck.

Seuls les signaux « verified » débloquent leur pleine pondération.

🖼️ 6. Éditions & unicité de l'œuvre

Quatre moyens combinés empêchent un faux 1/1 ou un 11/10 :

1Empreinte exacte (SHA-256) — détecte un fichier identique.
2Hash perceptuel (dHash) — robuste au ré-encodage/redimensionnement ; distance de Hamming (seuil ≤ 6). Garantit le 1/1 d'une œuvre originale.
3Empreinte visuelle IA — description sémantique + score de similarité 0-100 vs le meilleur candidat.
4Registre d'éditions — pièces numérotées comptées contre la taille : rejet 409 au-delà de la limite. Numéro inscrit dans la stéganographie + le certificat.

La bonne question selon la nature du dépôt

Comparer des pixels répond à « est-ce la même image ? ». Sur la photo d'un objet, cette question se trompe dans les deux sens : deux angles d'un même bronze semblent être deux œuvres, tandis que deux bols d'une même série photographiés sur le même fond semblent n'en être qu'une. Pour un constat photographique, le hash perceptuel est donc rétrogradé en simple indice : le tri se fait sur l'empreinte sémantique — ce que l'œuvre est, ce qui survit au changement d'angle — et la question posée à l'IA devient « est-ce le même objet physique ? », en ignorant fond, lumière et cadrage.

Pour une représentation dérivée (musique, texte), c'est l'empreinte du fichier source qui identifie l'œuvre — comparer deux ondes n'aurait aucun sens.

En cas de doute, ArtAI ne devine pas : le dépôt revient en revue manuelle. Fusionner deux pièces d'une série ou scinder une sculpture en deux éditions corrompraient le registre — la seule chose sur laquelle repose un certificat d'authenticité.

Pré-contrôle sans dépôt : POST /api/artworks/check. Registre public : GET /api/edition/{ref}. Verrou ultime optionnel : plafond on-chain (ERC-1155/721).

📐 7. Cote au point (artiste débutant, première œuvre)

Sans historique de marché, ArtAI applique la méthode traditionnelle française de la cote au point (châssis traditionnels). Chaque format N° 0 → 120 existe en trois proportions — F (Figure), P (Paysage), M (Marine) — et le nombre de points égale le numéro du format (un 30F = 30 points).

  • n°0 ≈ n°1, légèrement en dessous → compté 0,8 point.
  • Formats carrés / double-carrés assimilés au standard le plus proche (surface + proportion).

Et pour une sculpture, un bijou, un morceau ?

La table des châssis ne sait compter que des toiles. L'extension aux autres disciplines n'est pas arbitraire : elle se lit dans la table elle-même. Du n°20 au n°120, la surface par point est remarquablement constante — 210,6 cm² au n°25, 206,5 au n°50, 210,6 au n°100, 211,2 au n°120. Le point français est une unité de surface valant ≈ 210 cm². Chaque discipline mesure alors sa présence dans cette même monnaie :

  • Œuvres planes → la table réelle, inchangée (un 25F reste 25 points).
  • Volumes (sculpture, céramique, verre, mobilier) → la surface développée du volume, 6 × V^⅔ — la peau sculptée, qui est dimensionnellement une surface.
  • Bijou, mode, accessoire, numérique → une base à la pièce par discipline, modulée par les matériaux et le temps : la valeur d'une bague est son or et ses heures, pas sa taille.
  • Musique, son, vidéo, performance → points par minute.
  • Littérature → points par millier de mots.

Au-delà du n°120 (195×130 cm), la table s'arrête : une fresque de 20 m² est alors cotée par extrapolation sur ce même taux de 210 cm²/point, et non ramenée de force au plus grand châssis existant.

Prix au point dérivé de l'ArtScore

prix_au_point = base × (0,5 + ArtScore/100) — soit ×0,5 au plancher (débutant) jusqu'à ×1,5 (ArtScore 100). L'ArtScore intègre désormais la famille Physique (26 %), donc les matériaux, la surface et le temps remontent déjà dans le prix au point.

Ajustement physique + valeur du cadre

Pour une œuvre donnée, l'estimation applique un multiplicateur physique (neutre = 1,0) issu de ses matériaux et de son temps, puis ajoute la valeur du cadre :

estimation = prix_au_point × points(discipline) × multiplicateur_physique + valeur_cadre

La valeur du cadre est soit déclarée (frameValue €), soit dérivée du type de cadre : prix de baguette au mètre (bois doré ≈ 80 €/m > bois massif 45 > caisse américaine 40 > aluminium 25 > baguette bois 18 > sous-verre 8) × le périmètre de l'œuvre.

Exemple — 30F (92×73 cm) huile sur lin, 60 h, cadre bois doré : multiplicateur ≈ 1,32 puis +264 € de cadre (80 €/m × 3,3 m). Non encadrée : +0 €.

Endpoints : GET /api/formats, POST /api/formats/match, GET /api/artist/{ref}/cote, GET /api/artwork/{ref}/estimate. Estimation indicative de valeur potentielle, jamais un prix de vente fixe.

🖼️ 7bis. Scoring d'une œuvre (pas seulement de l'artiste)

Le même moteur note une œuvre individuelle. Les sept mêmes familles, aux mêmes poids, sont relues à l'échelle de la pièce :

  • Physique (26 %) — la présence propre de l'œuvre, dans l'unité de sa discipline (surface, volume, durée, mots), ses matériaux et son temps (voir §2bis).
  • Marché (22 %) — le prix déclaré de l'œuvre ; à défaut, un écho décoté du marché de l'artiste (contexte, jamais une vente de la pièce).
  • Reconnaissance (15 %) — héritée de l'artiste : un prix ou une acquisition muséale est gagné par l'artiste et crédibilise l'œuvre.
  • Engagement (15 %) — les scans QR de cette œuvre (fréquentation authentifiée, tunnel de conversion, portée).
  • Avis (11 %) — les avis qualifiés de cette œuvre, mêlés au critique IA déjà en cache pour l'artiste (aucun nouvel appel modèle par œuvre).
  • Traçabilité (7 %) — les ancres de cette œuvre (voir §5bis).
  • Rareté (4 %) — la taille d'édition de la pièce (un 1/1 prime sur une large édition).

Le score de l'œuvre est mis en cache et recalculé à chaque dépôt, avis ou retraitement. Il est exposé par GET /api/artwork/{ref}/score (ajouter ?fresh=1 pour recalculer) et accompagne l'œuvre dans GET /api/artwork/{ref} et son estimation de cote.

🎼 5bis. La 7ᵉ ancre : l'empreinte du fichier source

Six ancres authentifient une image (empreinte SHA-256, stéganographie, C2PA, IPFS, NFT, certificat). Mais quand l'œuvre est un fichier — une piste audio, une vidéo, un texte — et non l'image déposée, c'est l'empreinte SHA-256 du fichier source qui fait foi. Elle compte comme 7ᵉ ancre, uniquement là où un fichier source est attendu : une œuvre plane reste jugée sur 6, son score est inchangé. Le fichier source ne quitte jamais nos serveurs ; seule son empreinte est publique, scellée dans le certificat, le C2PA et le NFT.

8. Vérifiable

Le détail complet (sous‑scores + évaluation IA avec critères, cote, confiance et justification) est renvoyé par GET /api/artist/{ref}/score pour un artiste et GET /api/artwork/{ref}/score pour une œuvre. Voir la documentation API.